En 2014, une étude publiée par Drees rapportait qu’un Français sur dix n’avait pas accès à des soins optiques, faute de moyens. C’est à partir de ce constat qu’a été proposée la réforme 100 % Santé optique. Cette révision des prises en charge médicales permet à chaque assuré de bénéficier de soins et d’équipements optiques « gratuits » (intégralement payés par la sécurité sociale et les mutuelles), avec un reste à charge 0 (RAC 0). L’application de la réforme dans le monde de l’optique a démarré en janvier 2020. Un peu plus d’un an après, quel bilan tirer du 100 % santé ?
Un an après son entrée en vigueur, la réforme "100 % Santé optique" a connu un succès mitigé, avec seulement 18 % des lunettes achetées relevant du panier à reste à charge zéro. Les opticiens soulignent les limites de cette offre, notamment un choix restreint et une qualité moindre pour certains besoins spécifiques. Pour un accompagnement personnalisé et des conseils adaptés à vos attentes, rapprochez-vous d'un Opticien Par Conviction près de chez vous.
Entre les confinements, les annulations de rendez-vous chez les ophtalmologues ou encore la fermeture des magasins d’optique des galeries commerçantes, le bilan de la première année de la réforme RAC 0 est assez difficile à établir.
Néanmoins, Santéclair et Carte Blanche Partenaires, deux grands réseaux de mutuelles (la Maaf, MMA, Aviva…) ainsi que le Rassemblement des Opticiens de France (Rof) et l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis), ont tenu à faire les comptes début 2021. Le RAC 0 est-il un succès ? Quel impact a eu la réforme 100 % Santé optique sur la consommation des Français ? Y ont-ils eu recours? Les équipements RAC 0 sont-ils de qualité ? Quel est l'avis des clients et des opticiens au sujet de la réforme ? On vous dresse le bilan du 100 % Santé optique un an après sa mise en place.
Le Rof estime qu’au cours des 6 premiers mois de 2020, environ 18 % des lunettes achetées faisaient partie du panier avec RAC 0.
De son côté, le groupement Carte Blanche Partenaires révèle dans une étude qu’en 2020, au sein de son réseau :
Enfin, le directeur de la Sécurité sociale Franck Von Lennep a annoncé, à l’occasion d’une conférence de l’Ajis en date du 4 mars dernier, que 14 % des verres et 12 % des montures vendues en 2020 relevaient du 100 % Santé.
La réforme 100 % santé est entrée en vigueur quelques mois avant le premier confinement. Le contexte sanitaire a ainsi fortement perturbé l’accès aux soins puis aux boutiques, notamment d’optique.
Toutefois, l’épidémie n’explique pas tout. Dans les autres secteurs concernés par la réforme, à savoir l’audio et le dentaire, les soins et équipements RAC 0 ont eu beaucoup plus de succès. L’une des raisons expliquant ce manque d’engouement pour les lunettes intégralement remboursées est le fait que leur prise en charge était déjà relativement satisfaisante (contrairement aux équipements auditifs et dentaires).
Les taux de remboursement des équipements optiques ont nettement diminué. Cela entraîne un reste à charge plus important pour les achats de montures et/ou de verres n’appartenant pas au panier 100 % Santé (aussi appelé panier A).
Dans le panier B, regroupant les équipements aux tarifs libres, le plafond de remboursement d’une monture a diminué de 50 €. Autrefois, un remboursement de 150 € pouvait être accordé sur une monture. Aujourd’hui, il n’est plus que de 100 € au maximum.
L’étude réalisée par Carte Blanche Partenaires révèle qu’en 2019, le reste à charge global des achats de lunettes était de 119 millions d’euros. En 2020, il est passé à 127 millions. Soit 8 millions d’euros de plus laissés à la charge des consommateurs.
Les lunettes ne sont pas QUE des équipements médicaux. Posées sur notre visage, elles expriment une partie de notre personnalité et sont devenues des accessoires de mode. Aussi, la qualité d’un équipement optique doit certes se juger à l’aune de ses performances médicales, mais aussi au regard de sa capacité à répondre aux désirs de son porteur d’un point de vue esthétique.
De nombreux reproches ont été adressés à l’encontre des lunettes accessibles gratuitement grâce à la réforme. Les équipements optiques 100 % Santé sont-ils bas de gamme ? Les associations de consommateurs ont plutôt eu des retours positifs. Du côté des professionnels de la santé visuelle en revanche, le son de cloche est tout autre. Pour les opticiens, les équipements du panier A ne suffisent pas à couvrir l’intégralité des besoins de correction visuelle de certains patients.
Au cours d’une interview, Wilfried Blein, directeur général du Groupe all, avait ainsi affirmé : « Les opticiens passent du temps pour comprendre les besoins de leur patientèle et y répondre. Or, ce n’est pas possible avec le 100 % santé ».
Certains clients, contraints de choisir le panier A quoi qu’il arrive pour des raisons financières, se voient donc dotés de lunettes inadaptées à leurs besoins et sont ainsi mal soignés.
La loi impose aux opticiens de présenter en magasin au moins 17 modèles de montures adulte dans deux couleurs différentes et 10 modèles enfant, qui doivent eux aussi être disponibles en deux coloris distincts, en guise d’offre 100 % Santé. Un minimum de choix est donc laissé aux clients. Cependant, la limite de prix maximale des montures du panier A, qui a été légalement fixée à 30 €, restreint le panel des modèles qui peuvent être proposés par les opticiens. Il est donc malaisé de se procurer une paire de lunettes qui correspond parfaitement tant à ses besoins qu’à ses désirs. Un écueil dont l’existence n’est pas nécessairement perçue par les consommateurs.
Certains acteurs du secteur de la santé ont mis en avant que le faible succès de la réforme 100 % Santé optique serait en partie dû au fait que certains opticiens ne joueraient pas le jeu, rechignant à mettre en avant les lunettes intégralement remboursées. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a donc commencé une grande campagne de contrôles, fin 2020. Ces inspections, par l’intermédiaire de clients mystères, ont pour but de vérifier la présence des produits du panier A, leur prix et leur mention systématique sur les devis standardisés. « Le but n’est pas de sanctionner, mais de vérifier la bonne mise en application de la réforme 100 % Santé », a toutefois tenu à tempérer le directeur de la Sécurité sociale Franck Von Lennep.
De son côté André Balbi, président du Rof, a estimé dans une entrevue accordée au média Acuité.fr, que la délivrance de près de 2,5 millions d’équipements avec reste à charge 0, malgré la crise sanitaire et l’accueil de la réforme très négatif par le public, prouve que les opticiens ont « fait le job ». Mission d’autant plus délicate que leur rôle de conseiller ne leur permet pas, déontologiquement, d’affirmer que la qualité des équipements du panier A est la même que celle des équipements au tarif libre si ce n’est pas le cas.
Les opticiens sont amenés à réaliser pour leurs clients des actes tels que :
Ils ne sont pas de simples vendeurs. Ils apportent au matériel médical qu’ils commercialisent une plus-value technique, en ajustant les montures ou en appliquant des traitements sur les verres par exemple ; mais aussi humaine, en vérifiant la vue, en réalisant une mise en situation d’usage…
Dans le cadre des équipements avec un reste à charge 0, la marge laissée aux opticiens ne leur permet pas de valoriser le temps dédié à la réalisation de ces services.
Les pouvoirs publics estiment que ce n’est qu’à partir de 20 % des ventes optiques issues du panier 100 % Santé que la réforme pourra être officiellement une réussite. Ce résultat ne s’atteint pas en une année, surtout dans le contexte de 2020.
Les Français sont globalement satisfaits de cette réforme, notamment de son caractère universel et social. En effet, tout assuré peut obtenir des équipements médicaux « gratuits ». Petit bémol cependant quant à la branche « optique » de la réforme, bien moins plébiscitée que les autres.
Coté opticiens, les risques de voir le coût des mutuelles augmenter et les divers impacts négatifs pour les patients laissent davantage dubitatif…
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